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Itinérance de Pâques

par chantalin52 16 Avril 2012, 19:04 bien c’est d’un joli maison

Le Gers

« Et cette itinérance de Pâques dans le Gers, c’était bien ?

- C’était très bien.

- Mais encore ? »

Je vois qu’il vous faut de la narration, alors narrons.

Mais avant de narrer, un peu de savoir ne fera pas de mal.

 

Qui sait qui sont les auscitains ? La auscitains sont les habitants d’Auch. Beaucoup d’entre nous, et je suis de ceux-là, plongés dans l’ignorance des choses ignoraient cette ignorance-là (entre autres). J’en connais aussi beaucoup que ce défaut de savoir n’empêchera pas de dormir. C’est heureux! Quoiqu’on n’ait jamais résolu le problème du savoir par le dormir. Preuve que le problème du savoir est insoluble. Allons donc faire un tour du côté de Wikipédia puisque le savoir paraît se nicher aujourd’hui dans ces coins-là (on peut faire son miel de tout). Que nous dit le site du savoir commun ? « Selon l’hypothèse classique et « officielle », le nom antique romanisé en Eliumberrum signifierait « ville neuve » par rapprochement avec Iri+berri en basque. Le nom des Auscii serait à l’origine du nom autochtone des Basques, les Euskaldunak, ceux qui parlent l’euskara ». J’avoue que je ne comprends rien à ce discours, je peux donc dire comme d’autres philosophes : je ne sais qu’une chose c’est que je ne sais rien. C’est là le comble du savoir.

Revenons à nos moutons : narrons.

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Itinérance de Pâques   Itinérance de Pâques  Itinérance de Pâques

 

Le temps était clair et on nous avait donné l’adresse d’un parking gratuit et sans risque. On est parti à la découverte d’Auch. Auch est médiéval. Modérons ce jugement : certaines parties le sont. Cette maison à colombages doit l’être. J’aimerais bien contempler la ville caché derrière la fenêtre à petits carreaux du dernier étage. Le verre coloré doit déformer la vision. Je me sentirais dans la peau d’un autre. A défaut d’être celui que je ne suis pas, je regarde surtout où je mets les pieds et je porte mon impedimentum (c’est un sac à dos, les soldats romains l’appelaient comme ça parce que ça les empêchait de marcher vite – « impedimentum »/empêchement, vous voyez ? -). Mais c’est bien difficile de regarder ses pieds quand on se trouve face à la cathédrale Sainte-Marie d’Auch, on lève les yeux forcément et c’est trop monumental ! Même les yeux rivés sur le bleu du ciel, on ne le voit pas : il est caché par les grandes tours de ce monument ecclésiastique.

A l’intérieur c’est un peu pareil. Les orgues sont placés très haut, le Jubé complètement clos cache la vue des stalles mais vous pouvez les visiter si vous vous rendez  sur le site : http://www.auch-tourisme.com/cathedrale-sainte-marie-auch-panoramique/visite-virtuelle-cathedrale-auch.asp. Ce qui est visible en revanche, ce sont les marbres d’un joli pourpre qui bordent chacun  des chapelles adjacentes. Quels coquillages en quelle époque antédiluvienne ont pu leur donner cette couleur d’un beau rouge ? Poursuivons. Dans les rues d’Auch nous tombons au milieu d’un marché. C’est le jour. Les rues, les ruelles pleines de monde.

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On s’arrête devant l’église des Jacobins qui est devenue musée, on regarde les devantures anciennes de boutiques abandonnées, on se croit dans une ville vieillotte. Est-ce la grille d’un cloître qui protège l’entrée de ces jardins à la française ? Voici les bords du Gers : il a presque la même couleur que notre Garonne, jaune clair. Les canards qui plongent ne doivent pas voir le fond. Tiens, ce maréchal de France s’appelait Espagne ? Voilà on a quitté Auch ou presque mais il y a toujours cette jolie maison à colombages (non, ça ne vient pas du mot colombe mais du mot colonne, la colombe était une colonne, « columna ») qui n’a rien d’un pigeonnier. Un bref arrêt. On s’éloigne d’Auch. La campagne s’approche et avec elle quelques animaux encagés derrière le portail d’une cour destinée à accueillir la voiture du propriétaire, ou dont les cornes ont été sciées (on est encore trop proche de la ville pour accepter le sauvage), et puis les chevaux semblent aimer les flatteries de l’homme. Nous voici maintenant au cœur du Gers sur la route du cœur de Gascogne. Les maisons se suivent mais ne  se ressemblent pas : en voici une très jolie sur laquelle s’affichent les noms de ses heureux propriétaires, et une autre qui n’affiche que son côté un peu décrépit : par une fenêtre ouverte de l’étage, on pouvait apercevoir, dans l’ombre, une chaise sur laquelle était posé un rouleau de papier rose.

 

 

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Bien qu’elles aient contribué à effacer  des traces d’un passé païen, les églises en conservent pourtant des restes (très abîmés) sans qu’on sache pourquoi : comme cette  statue gallo-romaine qui ornait peut-être un tombeau. Le lointain temps passé d’où venaient ces reliques suffisait à les doter de prestige magique. J’espère bien, le temps passant,  que mes pouvoirs magiques se révèleront un beau jour avant que je ne prenne l’apparence d’une relique.

Le temps a fraichi. Les courbes des collines se rapprochaient les unes des autres. Mais depuis quelque temps, sans pouvoir en expliquer la raison, les collines prennent l’étrange nom de talweg suivi de celui de ligne de crête : je dois être habité par un esprit pas malin qui me fait marcher ! En vérité c’est au bord u chemin qu’on trouve les plus jolies pensées et pas sur les cartes où sont dessinés, les chemins à emprunter, les fossés à éviter etc. Et pour trouver les plus jolies pensées sur le bord du chemin, l’aventure suffit. Ne pas savoir où l’on va : ah quels délices. Bon, je sais, c’est aussi la définition du libertinage et celui des enfants mal appris. Allons donc en liberté sur les chemins comme des sales gosses malappris. 

Oh là, je frise la sortie de route, moi !

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On a franchi des ruisseaux sur des ponts sans parapets, les maisons se dressaient au cœur des vallées sans laisser voir comment s’y rendre. C’était un pays de secrets. On a aperçu une charmante bicoque qui avait poussé  au milieu d’un jardin parmi la glycine. Des chats en avait pris possession et se tenaient à leur poste devant chacune des fenêtres. Sauf un chat noir qui jouait à l’équilibriste dans la tonnelle. 

Puis la maîtresse des lieux est arrivée. On a regagné le dortoir. Sauf L. qui a pu bénéficier d’une jolie petite chambre. Le soir il y avait plein de bonnes choses revigorantes sur la table. On nous a laissé la maison avec une bûche fumant dans la cheminée. 

Le lendemain matin le curé s’était installé dans la salle principale. Le petit déjeuner m’a paru royal avec toutes sortes de confitures maison. Le lieu s’appelait Nabat. Peut-être la déformation de Nabab : allez savoir !

 

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Et puis très vite la route nous a saisi par nos lacets jusqu'à l’épicerie communale de Lavardens. Nous étions le dimanche de Pâques.

 

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