Béguey
jour de pâques,
L’église est ouverte, le curé y prépare son office en attendant les Bégueyrais et Bégueyraises qui, en cette heure matinale ne sont pas encore sortis, la messe n’est qu’à 9h30. Notre petit groupe de huit randonneurs après s’être équipé traverse le village tranquille, seul les aboiements d’un chien en signalent le passage voulu discret. Une rue, un chemin empierré, puis un petit pont ancien et nous voici au milieu des vignes. Les discutions et l’allure vont bon train, on parle de la pluie qui ne viendra pas, d’un soucis de plomberie qui fuit, du beau temps qui nous oblige à quitter les épaisseurs superflues, de nos ami(e)s qui ont choisi l’itinérance et souffrent sûrement, et de gastronomie (Chacun et chacune faisant part de sa petite recette de cuisine à en faire saliver ses voisins).
Un petit coin agréable avec un moulin près d’une cascade, puis une montée qui nous offre une vision sur les coteaux environnants et nous voici pour une courte halte au pied de la tour de Charppe, une petite explication et nous repartons, un panorama sur la vallée permet d’apprécier notre belle région, un passage dans un petit bois(le seul de la matinée) et le retour se fait par un lavoir à sec qui laisse « M » à ses pensées de fuite d’eau…
Nous voici de retour au village, il est bientôt midi, l’église et fermée et nous quittons les lieux aussi discrètement que nous y sommes arrivés.
- Tour Charppe
Les tours Chappe prenaient la forme d'une tour carrée, d'une tour ronde, d'une tour pyramidale ou étaient placées sur un clocher.
Une tour Chappe était constituée : du signal (mât muni d'un régulateur pivotant et de deux indicateurs articulés) ; d'une salle de travail à l'étage où le stationnaire observait les tours voisines et actionnait le système de manœuvre du signal; d'un local de repos en dessous, où le stationnaire pouvait descendre se reposer de un quart d'heure après le coucher du soleil à un quart d'heure avant le lever du soleil.
Deux stationnaires étaient affectés à une tour, et ils se relayaient chaque jour à midi.
Mécanisme
Au début, les mécanismes sont construits par les ateliers de l'administration centrale dans les locaux même de l'administration du télégraphe. En 1833, ils étaient construits dans l'atelier Guillaume Jacquemart Atelier pour la confection des télégraphes et autres machines, passage du Désir, faubourg Saint Denis, numéro 88[
Le mécanisme est constitué :
d'un mât de 7 mètres de couleur bleu ciel en partie extérieure intégrant une échelle pour permettre d'accéder aux éléments mobiles et réaliser leur entretien ; d'un bras principal de couleur noire nommé régulateur, de4,60 m de long sur0,35 m de large ; de deux ailes noires nommées indicateurs, de2 m sur 0,30 m ; de contrepoids gris pour chaque indicateur, nommés fourchettes ; d'un système de manœuvre au pied du mat en salle de travail, nommé manipulateur, reproduisant à l'identique les positions du signal ; d'un système de transmission par câbles et poulies de renvoi. Les régulateurs et indicateurs sont munis de persiennes fixes pour réduire la prise au vent.
Le mât et les structures du régulateur et des indicateurs sont en chêne, les persiennes en bois de pin, les poulies en orme, les poignées en frêne, les mécanismes sont en fer, bronze et laiton
Historique
Communiquer sur de longues distances n’est pas un problème récent. Entre la vitesse du cheval au galop et les débuts du télégraphe électrique, Claude Chappe mit au point un ingénieux système de communication de télégraphe aérien pendant la Révolution. Les « tours de Chappe » était coiffées d’un mât mobile visible à la jumelle de la tour voisine, distante d’environ 25 km. La ligne Paris-Lille fut ainsi opérationnelle dès 1794 et permit par exemple de transmettre des messages entre ces deux villes en seulement six heures.
La liaison entre - Agen - Toulouse - Narbonne : date de 1834-
En 1844, 534 tours quadrillent le territoire français reliant sur plus de 5 000 km les plus importantes agglomérations. En 1845, la première ligne de télégraphe électrique est installée en France entre Paris et Rouen, sonnant le glas des tours de Chappe.
Les télégraphistes connaissaient 6 signes fonctionnels et étaient soumis à un régime très sévère de présence
Le message écrit en clair était confié au directeur d'une extrémité d'une ligne. En utilisant un code formé de milliers de mots, expressions et phrases (ce qui accélérait la transmission), il traduisait chaque élément en une paire de deux valeurs qu'il notait sous forme de signaux télégraphiques : il codait le message. Seuls les directeurs en début et fin de ligne avaient un exemplaire du livre de code télégraphique. Cela permettait de transmettre des messages en toute confidentialité.
Le directeur remettait un document contenant une suite de signaux télégraphiques au stationnaire de la station d'émission.Le message était transmis comme suit :
la position diagonale deux indicateurs repliée indiquait l'absence de message à transmettre (position d'attente) et constituait une position neutre entre deux signaux lorsque les indicateurs étaient en mouvement.
un signal de service était transmis pour préciser l'urgence en entête de message. suivi d'une position diagonale des bras... Et pour chaque mot ou expression du message : un premier code indiquait la page d'un livre dédié ensuite une position diagonale des bras pour composer un second code qui indiquait la ligne de la page suivi d'une position diagonale des bras...
La position verticale du régulateur avec les deux indicateurs repliés est une position correspondant à un code, mais est également une position permettant un verrouillage de sécurité moderne lorsque les stations actuelles sont à l'arrêt.
La position diagonale du régulateur signifiait Pas de message à transmettre si elle était fixe avec les deux indicateurs repliés ou Composition d'un signal s'il y avait mouvement des indicateurs.
Le Vocabulaire comportait : 92 pages de 92 lignes de 92 mots
Merci Régine pour les photos (clic sur la photo)
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